Suivre son chemin, toujours. La récompense est au bout de sa poursuite.


Chemin, toujours, se doit d'être poursuivi. S'en écarter n'est pas forcément gage d'épanouissement. René Descartes prescrivait lui-même de croire en sa quête personnelle et que lorsqu'on est perdu en forêt, de continuer tout droit au lieu de tourner en rond car c'est la meilleure façon d'espérer sortir de son égarement en débouchant sur une finalité, même si ce n'est pas tout à fait celle espérée. Il y a de ces facultés sous-jacentes ne se révélant que par le travail. Deux ans et demi déjà que le FUJIFILM X100T est mon compagnon de reportage et d'observation du monde qui m'entoure. Deux ans et demi que l'homme est progressivement entré dans mon champ d'investigation photographique. Au départ, braquer son objectif en direction de parfaits inconnus, relève d'un sentiment un peu spécial et d'une démarche un peu étrange. On ne réussit jamais aussi bien en photo que lorsque les sujets que l'on cadre sont aimés, au plus profond de nos tripes. Ce fut vrai avec les vaches pendant plusieurs années et cet amour m'aura valu de belles perspectives. Il m'a donc fallu apprendre de même à aimer les hommes et les femmes qui pouvaient entrer dans mon cadre en y ajoutant le jeu de l'espace qui les entoure. C'est un œil et de nouvelles capacités constructives à développer car réussir l'instantané relève souvent de savoir s'abandonner à sa seule intuition dans un monde d'une mouvance continue. Indéniablement, la visée télémétrique dénuée de toute information distrayante, bien qu'approximative, représente le meilleur moyen pour laisser l'intuition écrire d'elle-même le cours des choses, entre notre perception et le couperet final décidé par notre index. Sous l'effet bénéfique de l'expérience, j'ai appris à ne plus m'encombrer d'informations comme la vitesse et l'ouverture dans la visée ; seul le cadre lumineux blanc délimitant le théâtre de la future nouvelle action à venir suffit à l'alimentation de la direction à donner à mon futur tir sur cible(s).

Image - Copyright FUJIFILM
Foudroyé temporairement dans ma santé au cours de l'été 2016 dans mon élan vers ma libération en photo de rue, je m'étais quelque peu renfermé dans une productivité presque nulle et il a fallu presque tout reprendre à zéro. Le secret de la photo de rue, c'est d'arriver à établir le terreau favorable au dépassement des appréhensions par rapport à l'inconnu(e) pour s'autoriser à l'enregistrer. Pour y arriver, il me semble aujourd'hui certain qu'il faille miser sur une certaine régularité de la pratique. Plus on tire, plus la probabilité de réussir augmente, plus la confiance augmente et plus la pertinence du regard créatif est décuplée, il s'agit d'un cercle vertueux indéniable dans ce type de photo. Il convient aussi de se convaincre une bonne fois pour toutes que nul ne peut s'ériger contre votre envie de photographier des inconnus dans la rue car la loi n'encadre pas le droit de photographier mais délimite seulement la publication de vos résultats. Dans la publication de vos images, vous ne craignez pas grand-chose non plus si vos travaux visent à mettre en valeur positivement vos sujets mais certainement pas à leur porter préjudice. A la croisée d'un travail soutenu, de l'amour de vos sujets, la récompense est au bout. 



Au début, comme tous les photographes de rue débutants, je me sentais davantage à l'aise avec la focale de 50mm mais depuis, ma perception a quelque-peu évolué et j'aurais tendance aujourd'hui plutôt à croire que la focale de 28mm de Garry Winogrand avec sa très large profondeur de champ à f/16 serait bien plus polyvalente/performante qu'aucune autre focale dans la rue, rien que pour une question de mise en oeuvre vis à vis de la mise au point. Complémentairement, les flous d'arrière-plans ressortent difficilement en noir&blanc et ne sont finalement pas obligatoirement nécessaires pour donner de la force à une photo de rue, même en couleur. La photo de rue semble justement avec le recul tirer sa force, de la planéité issue d'une netteté maximale. Je semblais un peu perdu il y a encore quelques semaines mais finalement, suivre son chemin, toujours !

La recherche continuelle d'une réinvention

Peu de temps après mes travaux photographiques de mars 2017, je me suis ré-entouré d'anciens outils optiques que j'avais cessé d'utiliser depuis de très nombreux mois : ma paire de jumelles en prismes en toit 8x42 et ma longue-vue achromatique 20-60x80. Une instrumentation fortement efficiente de part notamment leur étanchéité à l'azote, leur assurant un parfait fonctionnement, même dans les conditions météorologiques les plus épiques en toutes saisons. Le 8 avril, à la Base de Loisirs de Jablines à Annet-sur-Marne, j'observais une bergeronnette grise dans des conditions de grand soleil mais aussi de nombreuses foulques et un rassemblement de plusieurs dizaines de mouettes rieuses sur le lac principal. Le 25 avril, je redécouvre avec une certaine joie l'excellent livre "A l'Affût des étoiles" qui me fut offert avec mon télescope de 200mm en décembre 1999. J'en tire de nombreux calculs pour essayer d'établir une stratégie prochaine pour tenter de me remettre un jour, peut-être, à l'observation astronomique nomade. Deux jours plus tard, je teste un site d'observation de la nature, jugé très fructueux par de nombreux ornithologues, d'où je parviens sur plusieurs de ses mares internes jonchées de nénuphars, à effectuer plusieurs observations très qualitatives de grenouilles rousses et vertes.  

Le 4 mai, je deviens officiellement membre du Centre Ornithologique d'Ile-de-France (CORIF). 


Du 16 au 19 mai, une pause philosophique indispensable sur la notion de l'échec et ses vertus marque mon emploi du temps par la lecture du livre de Charles Pépin consacré bien précisément à ce sujet, durant laquelle je prend un grand nombre de notes en essayant d'en tirer l'éclaircissement sur une route un peu sombre. Les grandes réussites de demain trouvent souvent leur source dans les échecs d'aujourd'hui. Le 23 mai, je poursuis mes découvertes géographiques par l'exploration d'un nouveau secteur de la Seine-et-Marne (77) dominé par deux étangs, une ferme, un moulin et des paysages me rappelant un peu ce Pays de Bray qui aura marqué une large période de mon développement personnel entre 2009 et 2015. Ce 23 mai, j'aperçois un Héron Cendré en surveillance mais aussi la nidification d'un couple de Grèbes Huppés et de Foulques. Un Rouge-Gorge s'invite aussi furtivement dans le champ de ma paire de jumelles. A défaut de contact visuel, je repère un grand nombre de grenouilles par leur son caractéristique. Enfin, le circuit en sous-bois caractérisant ce secteur est l'occasion ce même jour d'utiliser mon télémétrique FUJIFILM X100T pour saisir le spectacle naturel de jeux de lumières offert par le ru et les arbres. 



Le 27 mai, j'explore le zonage sud du même secteur ; exploration au cours de laquelle, je découvre une faune très active avec une nidification de mésanges bleues dans un arbre et pas moins de cinq amphibiens clairement identifiés au bord d'un étang enjolivé par de magnifiques iris d'eau, sans compter un couple de cygnes tuberculés avec leur progéniture mais également l'observation de nidifications de foulques macroules et de gallinules poules-d'eau. Ce même 27 mai, le X100T s'illustre de nouveau en me permettant d'immortaliser ma découverte de l'intérieur de l'église de Coupvray (77).


Rendu célèbre par Louis Braille, le village de Coupvray serait-il finalement cette bien curieuse invitation suprême à me laisser nouvellement guider aveuglément par l'écriture en ces derniers événements, vers une réinvention bienfaitrice ?

31 mars 2017 : Regarder devant soi, malgré tout...

Je me suis surpris en l'achèvement de ce mois de mars 2017 que mon blog ELECTRONS LIBRES soit resté si longtemps figé sur ma mésaventure arachnéenne de l'été dernier concernant ma main droite, avec jusque-là un dernier article dont la publication remontait fin juillet 2016. Depuis, pourtant, ma vie ne s'était pas figée. Depuis, ma main poursuit tranquillement son épidermisation avec succès avec l'aplanissement de la cicatrice ainsi que le blanchiment des tissus, les dernières petites douleurs s'éteignant peu à peu car mon index ayant retrouvé sa flexibilité toute entière.
Depuis, au cours de l'hiver dernier, en décembre, j'ai surtout tout d'abord retrouvé une très précieuse autonomie dans mes divers déplacements (courses et ballades) en prenant enfin le temps de modifier la carte grise de mon véhicule découlant sur la ré-immatriculation de ma voiturette de tourisme dans le nouveau SIV afin de pouvoir le rapatrier depuis le garage du domicile familial jusqu'à ma nouvelle adresse, sur ma place de parking privée.

Mon véhicule au printemps 2009
Tout semblait figé à ma seule volonté de communiquer car disons plus justement que ma créativité avait foncièrement changé un peu de forme afin de me garantir un intérieur résidentiel (cuisine, chambre, rangements,...) conforme avec un certain niveau de confort. Etre propriétaire d'un appartement est honorable mais s'accompagne de devoirs. A cette heure, encore un certain nombre d'aménagements restent à faire mais en ce printemps naissant, un an et demi déjà après mon changement d'environnement, j'ai touché à un but très important : Voir parfaitement clair dans mes affaires. Il s'agit d'un détail qui n'en est pas un ou alors, le détail renfermant toute la raison de mon bien-être. La route est longue surtout quand elle continue à être jalonnée d'imprévus.

Je traverse une période clé de synthèse dans ma vie où je tri pour conserver juste l'essentiel par la destruction du superflu. L'horizon devient net et les raisons de ma situation actuelle, limpides. J'avais d'autres projets encore plus beaux en réserve aux environs de l'été 2017 mais il y a un mois, ils se sont brusquement évaporés et il a fallu reconsidérer l'écriture du futur en me re-concentrant sur moi, rien que sur moi. Dans la trouvaille de l'énergie pour avancer, c'est souvent dans nous-mêmes où demeure la dernière lueur d'espoir. Depuis août 2016, les instants réservés à la photographie furent rares, comparés à la créativité tout à fait pléthorique s'étalant de novembre 2015 jusqu'à mon incident de santé impliquant ma main en juin 2016.

Regarder devant soi, malgré tout, s'impose comme un slogan, telle la bicyclette d'Albert Einstein (1879-1955) symbolisant la vie, se devant d'être toujours en mouvement pour ne pas perdre l'équilibre. Rester debout, encore et toujours, je le dois à ma créativité, tant par l'observation par la photographie, la méditation par la littérature, les interrogations au détour d'événements ou bien la clarification de mon espace de vie privatif par divers travaux manuels. Le château de Versailles en septembre 2016, les boutiques de Noël en décembre 2016, tout comme les lumières de l'église de Blandy-Les-Tours et les jardins du château de Vaux-Le-Vicomte, il y a moins d'une semaine, sont autant de témoignages au milieu d'autres natures créatives que l'équilibre intérieur est sauf.

Dès que possible, j'espère également retrouver l'engouement constructif pour la photo de rue...


















31 juillet 2016 - Mise à jour site internet avec une main qui se réveille



En ce 31 juillet 2016, mon site internet vient de subir sa première mise à jour depuis deux mois dans un climat de renaissance progressive de ma main droite très durement éprouvée par une opération suite à la mésaventure très infectieuse relatée dans le billet précédent. Il faut analyser cette mise à jour de mon portail comme une petite victoire précieuse car ceci signifie que je suis dès lors suffisamment mobile de ma main pour espérer retrouver dans d'assez bonnes conditions mon poste de travail le 16 août prochain, chaque jour étant marquant d'un tout petit progrès significatif vers la guérison de ce membre supérieur. Ce n'est pas tous les jours en effet que l'on se fait ouvrir bien largement la face dorsale d'une main pour en extraite une grande quantité de peaux nécrosées et que l'on se fait "peler" les tendons extenseurs à la pince gouge de cette même zone par un chirurgien (l'un des plus réputés cela dit en passant). 

Depuis deux semaines déjà, suite à mon rendez-vous de surveillance devant l'équipe du même chirurgien, je suis assidument des séances de kinésithérapie pour la rééducation de l'index (enroulement et déploiement) et le "décollement" progressif de la cicatrice. Si la fermeture de la plaie est acquise, celle-ci demeure très fragile avec une chair très tendre de couleur rose bonbon foncé que j'appelle plus communément la "tache de vin" ; une fragilité s'exprimant notamment par un très léger saignement de temps à autre à travers un petit orifice et un risque de re-déchirement en cas de manipulation trop brusque. Dans un tel traumatisme capillaire, il faut se rendre à l'évidence que la récupération sera très longue et qu'il ne faut pas exclure non plus que certaines douleurs demeureront très longtemps après l'opération. Dorénavant libéré des soins infirmiers à domicile tous les deux jours (du 18 juin au 30 juillet 2016), la suite de l'histoire s'écrit dorénavant seul avec le graissage de la plaie avec une crème réparatrice sans parfum ainsi que sans paraben, basée sur une association brevetée d'agents réparateurs et antibactériens combinant Sucralfate, Cuivre et Zinc. Le stade de la cicatrisation actuellement atteinte autorise désormais l'exposition à l'air libre de la plaie sans bandage ni pansement en intérieur, réservant dorénavant le pansement à sa protection antibactérienne lors de mes sorties en extérieur. La cicatrisation totale prendra certainement jusqu'à 3 mois supplémentaires (Novembre 2016)...

Affaire à suivre...!

Deux mois d'arrêt (16 juin - 16 août 2016)




“L'imprévu a ses charmes mais il est perfide, et que de désagréables surprises, cruelles même, il recèle souvent...” dirait l'écrivain et journaliste québécois Damase Potvin (1882-1964) en pareille actualité. Me voici condamné par une épreuve "bête" de la vie à deux mois d'arrêt médicaux (jusqu'à mi-août prochain) et tout autant bien évidemment pour la photographie car il s'agit de ma main droite (celle qui décide, celle qui tranche, celle qui déclenche sur l'instant décisif). Compte-tenu de la nature de l'opération chirurgicale, deux mois ne seront pas un luxe pour que le dessus de ma main puisse se reconstituer correctement avec l'aide bienveillante d'un infirmier venant analyser l'évolution de la situation tous les deux jours. Il y a de ces choses imprévues à l'apparence initialement insignifiante qui modifient pourtant fondamentalement le cours de notre existence et de nos projets.

Qui oserait croire que la morsure et le venin seuls d'une araignée pourraient suffire à produire un tel carnage ? 
Pourtant, la cause d'un tel résultat cauchemardesque est bien véridique. Depuis mon hospitalisation survenue le 16 juin, les langues se délient autour de moi et j'ai découvert les pouvoirs hyper-destructeurs de ces insectes dont nous sommes forts nombreux à ne pas nous méfier, à en sous-estimer la toxicité du venin par ignorance. Aux urgences, tout autant que le chirurgien ayant opéré ma main, personne ne semblait étonné d'un tel dérapage.

Cet autre article notamment représente la mésaventure d'une autre personne sur un pouce de main : Voir

Ainsi soit la vie et je la relativise toujours car après tout, il existe des ennuis de santé bien plus graves...

Un peu de réflexion libre sur la photographie

Jardin du Luxembourg en novembre 2015
Malgré le poids des années, la multiplication de mes blogs et de mes supports d'écriture, Electrons libres conserve intemporellement sa logique : La convergence entre photographie et mes réflexions d'ordre général. Débuté le 1er octobre 2008, bien que parfois concurrencé par mes autres activités (notamment par mon blog sur mes reportages avec le X100T depuis avril 2015), il est de tous les temps mon calepin de notes autobiographiques ou techniques. Ce 361ème article n'échappe pas à la règle, visant à décrypter mon état d'esprit actuel par rapport à ma pratique personnelle de la photo.

Pour appuyer mes pensées, j'ai jugé bon de citer des citations de grands photographes ou écrivains.

William Klein

"Sois toi-même. Je préfère de beaucoup voir quelque chose, même si elle est maladroite, qui ne ressemble pas à l'œuvre de quelqu'un d'autre."

Henri-Cartier Bresson 

"Photographier, c'est une attitude, une façon d'être, une manière de vivre." (1994)

"Si il n’y a pas d’émotion, si il n’y a pas de choc, si on ne réagit pas à la sensibilité, on ne doit pas prendre une photo, c’est la photo qui nous prend." (1969)

"Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'œil et le coeur."

"L'appareil photo est pour moi un carnet de croquis, l’instrument de l’intuition et de la spontanéité, le maître de l’instant qui, en termes visuels, questionne et décide à la fois. Pour « signifier » le monde, il faut se sentir impliqué dans ce que l’on découpe à travers le viseur. Cette attitude exige de la concentration, de la sensibilité, un sens de la géométrie. C’est par une économie de moyens et surtout un oubli de soi-même que l’on arrive à la simplicité d’expression."

"La composition doit être une de nos préoccupations constantes, mais au moment de photographier elle ne peut être qu'intuitive, car nous sommes aux prises avec des instants fugitifs où les rapports sont mouvants."

"Il y a une fraction de création d'une seconde lorsque vous prenez une photo. Votre œil doit voir une composition ou une expression que la vie elle-même vous offre et vous devez savoir avec intuition quand déclencher. Tel est le moment où le photographe est créatif. Une fois que vous le manquez, il est parti pour toujours."

Bill Brandt

"Cela fait partie du travail du photographe de voir plus intensément que la plupart des gens. Il doit avoir et garder en lui quelque chose de la réceptivité de l'enfant qui regarde le monde pour la première fois ou du voyageur qui pénètre dans un pays étrange."

Robert Doisneau

"Quand on est prisonnier de l'image, cela vous donne toutes les audaces."

Eric Kim

"La photographie de rue, c'est avant tout 80% de culot !"

Anatole France

"En art comme en amour, l'instinct suffit."

Georges-Bernard Shaw

"Le photographe est comme la morue qui pond un million d'oeufs afin qu'un puisse éclore."

Toutes ces citations n'ont pas été choisies par hasard et représentent le vivier de mon argumentaire, de mes observations et des propres critiques que je pourrai éventuellement me faire sur ma propre pratique photographique. Globalement, toutes ces citations donnent justice à ce que j'ai personnellement appris ou ressenti au gré de mes milliers de découpages dans le viseur. Plusieurs points importants se sont détachés de mon analyse que je pourrai donner comme conseil à n'importe quel photographe (surtout s'il débute) :

I) Etre authentique, être sois-même, jamais chercher à copier un(e) autre photographe

II) On est d'autant plus performant avec un appareil photo lorsque notre créativité est guidée par une cohérence dans le but du témoignage et dans les sujets photographiés allant bien au-delà de réaliser simplement de bonnes photographies car le photographe est également tout à la fois, journaliste, poète et romancier.

III) Quand il s'agit d'une quête de témoignage authentique à laquelle on croit véritablement, on est à même, mieux que quiconque, de ressentir profondément le bien-fondé d'un cliché. Dans ces conditions, on peut redoubler d'une audace bien rare pour aller capturer cet instant si difficile en d'autres circonstances moins passionnées. Il faut se sentir impliqué par le sujet.

IV) Abandonner les certitudes pour débrider la créativité en acceptant de prendre certaines photos qui ne semblent pas intéressantes au premier abord. Au développement, il y a fréquemment des surprises.

V) L'instinct est le meilleur moteur de la composition. Il convient de se préoccuper constamment de la composition mais dans la photographie sur le vif, on n'a pas le temps de réfléchir, il faut s'abandonner juste à sentir intuitivement que le moment de déclencher est venu car si on hésite, ce moment ne reviendra plus.

VI) La probabilité d'une bonne photo est extrêmement faible. Il faut accepter de multiplier les essais dans la perspective d'augmenter les chances d'éclosion d'une belle réussite. En d'autres termes, il faut accepter de sacrifier du temps pour aller à l'encontre de ces images ; c'est bien souvent ce que j'accepte seulement et seulement si, de faire quand je suis conditionné à chercher l'image, en dehors de toutes pressions du quotidien.

Ainsi, me semble aujourd'hui parfaitement compréhensible pourquoi la photographie de rue représente fréquemment pour moi un sujet assez difficile car contrairement à d'autres thématiques qui me sont propres, je ne suis motivé, animé dans mes photos urbaines en extérieur par aucun but précis, ne me sentant finalement que trop peu impliqué et trop peu sensibilisé par l'être humain.

S'il n'y a pas de but, il ne peut y avoir une photo ou quand je déclenche malgré cela, elle ne représente rien. La photographie de rue est en recrudescence depuis ces dernières années, tout le monde s'y met et il me semblerait donc que mon esprit puisse également se heurter justement consciemment comme inconsciemment à cette impression dérangeante de faire comme tout le monde, de ne pas être moi-même, de n'être qu'un simple suiveur sans philosophie propre. Avec les vaches, je me sens moi-même et impliqué ; Avec l'homme, je me sens étranger, lointain, déconnecté. De ce fait, il ne peut y avoir d'audace, encore moins de culot dans l'approche de mes sujets dans la rue (disposition pourtant préalable dans la réalisation de bonnes photos dans ce contexte). L'acceptation de soi-même et l'affirmation de soi-même, tels sont les vrais filigranes de la photographie...

Le printemps, tant dans la nature que dans la tête - Couleur ou noir & blanc ?

Nous sommes le tout dernier jour de mars de cette année 2016 et l'envie d'écrire ici devenait nécessaire. Depuis mes meilleurs vœux de ce début d'année, j'ai beaucoup avancé en me débarrassant notamment de l'exposé sur l'imagerie numérique et en mettant à disposition de mes visiteurs les plusieurs centaines d'images de 2015 que j'ai sélectionné (voir). J'ai cessé d'acheter à tout va du nouveau matériel optique, tout comme photographique, car la progression personnelle en est d'autant plus subtile que profonde dans mes travaux car revenir aux fondamentaux est salvateur. C'est bien de changer souvent d'instrumentation pour suivre la course au progrès ou se perdre continuellement dans l'essai de nouveaux accessoires créatifs mais ce changement compulsif continuel d'outils fait-il progresser nécessairement l'expérience même du photographe concernant très justement ces fondamentaux ?

Nous sommes des éternels élèves débutants en photo et je crois bien que le jour où j'ai investi dans mon FUJIFILM X100T pour m'intéresser davantage à l'humain, j'ai poussé la porte d'un nouveau cran supérieur car comme Jean GABIN le disait lui-même en chanson :

C'était l'début, c'était l'printemps 
Mais quand j'ai eu mes 18 ans 
J'ai dit, JE SAIS, ça y est, cette fois JE SAIS 

Et aujourd'hui, les jours où je m'retourne 
J'regarde la terre où j'ai quand même fait les 100 pas 
Et je n'sais toujours pas comment elle tourne !

[...]

Maintenant JE SAIS, JE SAIS QU'ON NE SAIT JAMAIS !

La vie, l'amour, l'argent, les amis et les roses
On ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses
C'est tout c'que j'sais ! Mais ça, j'le SAIS... !


Ma dernière petite ballade dans le Jardin du Luxembourg à Paris m'a beaucoup fait progresser sur ma très longue réflexion entre la couleur et le noir & blanc. Mieux que des livres, la pratique est un professeur redoutable.

Quand utiliser l'un et l'autre ?

Souvent, les débats n'en finissent pas entre défenseurs des deux écoles avec des arguments parfois bien subjectifs mais qu'en est-il objectivement ? Curieusement, jusqu'à ces deux dernières années (2014-2015), je faisais parti de l'école 100% couleur car mes quelques expériences monochromatiques n'étaient alors jamais à la hauteur de mes attentes. Sans le savoir, mes sujets et compositions étaient parfaitement disposés à une expression en couleur et mon œil me le disait naturellement. La faute au photographe pour des résultats si modestes en monochrome, de bien entendu, tant dans le choix des sujets que dans le traitement d'image employé. DXO Pro 9 m'a apporté un premier progrès significatif en 2014 sur les paysages et les bovins mais il restait à creuser, surtout du côté des sujets et de mes compositions car c'est surtout de ceux-ci dont dépend le choix...


La plupart des photographes de sujets humains, surtout de rue, étaient des grands défenseurs de l'imagerie monochrome et fuyaient la couleur.

Mais pourquoi ?

La réponse m'est venu bien précisément dimanche 27 mars en réalisant des compositions avec des sujets humains dans ce fameux jardin du Sénat : La couleur n'apporte rien aux images, si ce n'est de parasiter mes compositions ! Autrement dit, j'ai la première fois réalisé que la photographie couleur, contrairement à ceux qui claironnent que c'est un gage de facilité, est un art très difficile dans les scènes urbaines très intéressantes mais surchargées en couleurs qui perturbent l’œil du spectateur, au point que l'image paraisse d'une bien banale fadeur !! Avec le noir & blanc, la photo de rue se simplifie à sa simple expression des formes, structures, contrastes au seul service de l'émotion et de la composition pure. Saisir l'instant décisif est déjà un vrai sport en photo de rue mais si en plus, il faut penser à la bonne coordination des couleurs dans la scène, l'exercice de la photo couleur dans ce domaine devient l'ultime haut niveau d'expertise de la photographie. En supprimant la couleur, on augmente considérablement la probabilité de produire des clichés de la rue fonctionnels. 


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